Qui suis-je ?

Je suis né le 22 janvier 1958 à Montpellier, à la clinique Saint-Roch. Ma mère, née Arlette Mezuchetti, d’origine corse, a passé toute son enfance à Figuerolles. Mon père, maçon et champion d’haltérophilie, “amoureux” de Georges Marchais, est né dans le quartier des Abattoirs (les Beaux-Arts aujourd’hui ). Je suis un « pur enfant des faubourgs ouvriers » de Montpellier. Je fais partie d’une famille installée ici depuis cinq générations, « multi barons de caravètes ! ». Une famille intimement liée à ma ville donc, et à ses drames : lors des inondations du Lez en 1933, celle-ci, qui habitait au bord du Lez, fut décimée. Seule ma grand-mère et un de ses frères ont survécu…

L’ENFANCE, L’ADOLESCENCE

À la cité Saint-Roch, dans laquelle j’ai habité jusqu’à l’âge de 19 ans, j’y ai vécu une enfance heureuse. Entre ma mère et mes trois sœurs ( Chantal et Lyne, mes aînées, et Martine la cadette ), j’ai eu la chance de vivre dans un « cocon, entouré et choyé ». Dans mon quartier, j’ai partagé un certain goût pour l’insouciance avec mes « copains »,ces 45 enfants que comptait mon immeuble… C’est l’époque des cabanes et des goûters chez les voisins, du futur Antigone comme terrain de jeux, des boums…Dès l’âge de 12 ans, j’ai fait mes premiers pas dans la vie active en accompagnant mon père sur les chantiers durant l’été. De quoi se payer une première moto à seize ans, et d’avoir la tête sur les épaules. L’école ? C’est avant tout celle de la rue, celle des copains. J’ai fréquenté le lycée Mermoz, « me contentant » d’un cycle court, BEP de vente. Les premières amours ? À l’âge de 14 ans, j’ai rencontré Françoise Chastan, la future madame Vignal, au camping de Palavas où je passais toutes mes vacances…Parti de rien, j’allais faire une autre rencontre qui va changer ma vie…

LA RENCONTRE AVEC LES ARTS MARTIAUX

C’est l’histoire d’un hasard : à 17 ans, je me balade dans le quartier de Celleneuve, pousse la porte d’un club… et croise Raphaël Cubera, professeur de judo le soir, menuisier le jour, Catalan et fier de l’être.« Parti de rien » lui aussi, issu d’un quartier difficile de Perpignan, Raphaël Cubera trouve en moi plus qu’un élève. Il me transmet la passion du judo et de ses valeurs : courage, dépassement de soi, goût de l’effort, respect de l’adversaire… Il est le premier à faire confiance à ce jeune tellement passionné qu’il passe, en à peine deux ans, de ceinture verte à ceinture noire.Devenu professeur de judo, je crée avec ma femme et des amis le Cam (Celleneuve Arts Martiaux), en septembre 1977.Avec beaucoup d’enthousiasme, d’idées… « et surtout de bouts de ficelles ! », c’est une véritable entreprise familiale qui a investi Celleneuve, entraînant dans son sillage amis, familles, adhérents, qui n’hésitent pas à donner de leur temps pour que le club grandisse… Aujourd’hui, près de 2 000 adhérents fréquentent ce complexe sportif, le plus ancien de la ville.

LA RENCONTRE AVEC L’ESPRIT D’ENTREPRISE

En 1987, je me lance dans une nouvelle aventure : la gérance saisonnière d’un restaurant-piscine à Pignan, le domaine de La Peyrière. Mon objectif : créer un « esprit club » et de rencontre autour d’une piscine et d’un restaurant, pour les adhérents du CAM. C’est là que je vais faire une autre rencontre, déterminante : celle de Georges Benaim, un commerçant parisien, parti de rien lui aussi… Cet « homme d’une volonté hors du commun, avec un mental hors norme », me fait découvrir le monde du commerce et de l’entreprise. Nous resterons fidèles à cette amitié au fil des ans.

LA RENCONTRE AVEC L’ENSEIGNEMENT

En 1990, les portes de l’université s’ouvrent à moi grâce à Jean-Michel Ballarin, enseignant à la faculté, homme de caractère et d’engagement, qui va me transmettre la passion de l’enseignement. Fort de trois brevets sportifs d’Etat obtenus et d’une maîtrise de management des entreprises sportives, j’ai conceptualisé mon expérience du terrain auprès de mes étudiants.Je me plais à répéter «apprendre autant que j’apprends aux étudiants »…

PREMIERS PAS EN POLITIQUE

A force d’étendre sa notoriété, le CAM attire l’attention du maire de Montpellier. Christian Bourquin, le directeur des Sports de l’époque (aujourd’hui président de la Région Languedoc-Roussillon), organise un rendez-vous avec Georges Frêche, désireux de soutenir l’essor de ce club aux succès de plus en plus probants.En 1995, j’intègre l’Office Municipal des Sports grâce à Christian Bénézis ( alors adjoint aux Sports ). Celui-ci me « donne le virus de l’action politique », multipliant les projets, les initiatives, « en déployant une réflexion tous azimuts sur le sport à Montpellier » qui dépasse largement le cadre de son entreprise sportive…1998 : la coupe du Monde de football en France est le grand événement de l’année. Je suis nommé responsable logistique et sécurité, avec 500 personnes à gérer. Pendant un an, la mobilisation est totale (management des bénévoles, organisation, planification des rencontres…) pour accueillir 35 000 personnes par match. Une sacrée aventure humaine…En octobre 1999, fort de l’expérience réussie de la coupe du Monde, Georges Frêche me propose un nouveau défi : prendre en charge le Téléthon à Montpellier. En ce mois de décembre 1999, deux heures d’antenne sont programmées sur la place de la Comédie… qui se transformeront en trente heures, tant les idées de l’équipe montpelliéraine ont su séduire la production de l’émission ! Seul au départ, j’ai entraîné avec moi mes étudiants, à qui j’ai proposé de faire de l’événement l’objet de leur stage… Avec encore une fois ma complice Corinne Canayer, déjà présente à la coupe du Monde, et Frédéric Bermond, nous avons « assiègé » littéralement le 5e étage de la mairie, celui du cabinet du maire. Les défis les plus fous sont relevés : quatre kilomètres de bougies coulées sur la dalle de l’Œuf, 30 heures de vélo non-stop sur la Comédie… La « machine publique » tourne à plein régime ; l’aventure humaine est « magnifique », menée par trois bénévoles, trente étudiants et « une envie partagée de se dépasser ».Le soir de la manifestation, Georges Frêche m’invite à fêter l’événement avec les élus… « Au bout de dix minutes », j’ai préfèré rejoindre mon équipe Téléthon. Georges Frêche nous rejoint et passe la soirée avec nous, discutant à bâtons rompus avec les étudiants, assis sur une caisse de bière… C’est le début d’une relation humaine et politique qui va désormais nous unir.

LA RENCONTRE AVEC GEORGES FRÊCHE

Désireux de se remettre au sport, Georges Frêche m’engage alors comme coach personnel à domicile. C’est un échange de bons procédés : contre des compétences sportives, le premier apprend au second tout ce qu’il faut savoir de la politique… « Subjugué par l’homme, son charisme, sa volonté, sa vision », j’apprend en effet : le sens de l’action publique, la capacité à diriger et à gouverner, le maniement de l’épée comme du bouclier… Cette rencontre « de celle qui aide à vous construire » va changer ma vie, prêt désormais à entrer dans l’arène politique. Je mesure aujourd’hui la chance qui fut la mienne de pouvoir côtoyer durant plusieurs mois cet être d’exception.2001 : Georges Frêche remporte une nouvelle fois les élections municipales à Montpellier. Prévu pour être adjoint aux Sports, je suis bien sur la liste, mais conseiller municipal. Mon tour n’étant pas encore venu, je travaille pendant un an… avant de bénéficier, en 2002, de la loi Jospin sur la démocratie participative qui crée des adjoints de quartier. Je deviens celui de la Mosson, en plus d’être, cette fois, adjoint aux Sports. Pour un élu avec un an d’expérience à son actif, c’est une sacrée responsabilité ! Georges Frêche loue les qualités de celui, « qui a su attendre son heure sans rien dire »…La délégation aux Sports prend de l’envergure : le Fise (Festival inter- national des sports extrêmes) se déplace au bord du Lez, le beach-volley s’invente place de la Comédie, des projets structurels (dont un audit du sport montpelliérain mené par des étudiants du Staps afin qu’ils soient en prise avec le terrain), avec un fort visage social, se montent : la gymnastique solidaire, les partenariats éducatifs avec le football…2004 : Hélène Mandroux succède à Georges Frêche en tant que maire de Montpellier. Je deviens adjoint au quartier Port-Marianne, tout un symbole et un motif de grande fierté : Port-Marianne, c’est là où je suis né, moi le minot de la cité Saint-Roch devenu grand !

BOULEVERSEMENTS

2008 est une année importante : je suis en charge d’une nouvelle délégation municipale, celle regroupant la démocratie participative, la cohésion sociale, l’action territoriale et les maisons pour tous. Je suis également élu conseiller général du canton de Montpellier 4, celui qui recoupe encore une fois… mon quartier de naissance, décidément un sacré point d’ancrage ! Mon score est sans appel : 66% des voix au second tour…Cohésion, égalité des chances, engagement citoyen, action territoriale… Le programme du Vivre ensemble sur lequel Hélène Mandroux vient d’être réélu, trouve une pleine application dans ma nouvelle délégation . Je m’investis avec enthousiasme, créant de toutes pièces le Printemps de la démocratie en 2008 : des tentes itinérantes sillonnent les différents quartiers de la ville, redonnant vie à la délibération collective… Plus de 25 000 personnes participeront à cette « nouvelle façon de faire de la politique » qui n’a pas eu, hélas, de lendemains.D’autres projets vont prendre forme : la thématisation et la municipalisation des Maisons pour tous (450 intégrations à la Ville) ; la création des conseils consultatifs de quartier ; la mise en place, à effectifs constants, de 11 coordinateurs de territoires, en charge d’agir sur les 11 nouveaux quartiers projetés (pour une meilleure efficacité, à moindre coût)…2011 : les délégations municipales subissent un remaniement. Je redeviens adjoint aux Sports et me bats, « prêt à rendre mon écharpe », pour conserver les conseils consultatifs, les crédits de proximité et la présidence du Groupement d’Intérêt Public (GIP) qui gère le Contrat Urbain de Cohésion Sociale, donc la politique de la ville…

ÉLU DE LA NATION…

Juin 2012 : je suis élu député de la 9e circonscription de l’Hérault. Ce territoire, qui regroupe les cantons de Lunel, de Mauguio et une partie de Montpellier a été créé de toutes pièces pour favoriser la victoire d’un candidat de droite…Débutée sur un fauteuil roulant à la suite d’une fracture du col fémur, la campagne électorale est homérique : avec « une armée de militants, de copains, d’amis », j’emporte l’adhésion, « renverse la table » et bats celui qui est présenté comme le leader de la droite en région, Stephan Rossignol, sur une circonscription annoncée comme « ni gagnée, ni gagnable ».Conformément à mes engagements, je rends mon mandat au Conseil Général : me succède ma suppléante, Sylvie Buffalon, un « motif de fierté ». Je quitte également mon mandat d’adjoint à la Ville, « dans la souffrance » tant mon engagement me tenait à cœur.Hasard, clin d’œil de l’histoire, destin ? Dans la vaste 9e circonscription de l’Hérault, se niche une certaine cité… Saint-Roch, celle où tout a débuté ! En route vers de nouvelles aventures ?